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[Semaine du shôjo] Setona Mizushiro

« Quelle est la meilleure mangaka shôjo et pourquoi ? »

C’est la question qui a été posé à nos blogueurs (et blogueuses) par les instigatrices de la Semaine du shôjo. Pour cette année 2014, je participe (d’où l’article). Et vous pouvez trouver ma réponse dans le titre, au risque inévitable de détruire tout suspense. Désolé.

Un article avec un chat est un article qui commence bien. Lire la suite [Semaine du shôjo] Setona Mizushiro
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Mitsuko Attitude

A l’occasion de la sortie du dernier tome la semaine dernière, voici une chronique sur l’ensemble de la série. Souvenez-vous, il y a quasiment un an, j’étais parti avec une bonne impression sur le premier volume. 
Manga - Manhwa - Mitsuko attitude Vol.3Titre :
 Mitsuko Attitude
Auteur : Mamoru Kurihara
Editeur japonais : Kôdansha
Editeur français : Akata/Delcourt
Nombre de tomes : 6

Mon avis :

L’histoire n’a pas changé depuis le dernier article à ce sujet, mais je me répète quand même, pour ceux qui n’aurait pas cliqué sur le lien. Mitsuko était une lycéenne lambda, jusqu’au jour où elle emménage chez son oncle et sa tante, suite au décès de son papounet. Situation initiale qui est d’ailleurs vite casé, le deuil se déroulant assez rapidement, pouf, c’est pas comme si elle perdait son parent le plus proche. Hein. Bon.

Mais faut dire que la pauvrette atterrit dans une drôle de famille, à des lieux de ce qu’elle aurait pu imaginer.  En effet, après avoir surprit son oncle en train de procéder à son lavement matinal, elle découvre que son cousin boit ce qui semble être sa propre urine ?! Mais appelez-moi l’asile psychiatrique le plus proche, et fissa !

Le premier tome démarrait donc avec un humour très pipi-caca, un peu comme Dr.Slump mais en plus savant. Car oui, les explications logiques arrivent, et tout devient limpide, puisque ces pratiques désarçonnantes sont en fait carrément bénéfique pour la santé. Même si Mamoru Kurihara se centre plus sur la première et ne traitera quasiment pas de l’urinothérapie autrement que pour le comique de situation.

Mais il faudrait être de mauvaise foi pour résumer Mitsuko Attitude à cela. Il y a bien plus, comme le témoigne la suite, avec le O-ring ou les boissons d’enzyme, par exemple. Mais surtout, le manga prend un tournant intéressant quand Mitsuko, maintenant adepte d’un régime alimentaire sain (sans pour autant avoir tenté l’urinothérapie, hein), se confronte à Naruto.

Non, pas le ninja vêtu d’orange, mais un autre lycéen lambda, mais carrément à l’opposé en terme d’alimentation. La malbouffe, c’est sa grande passion.

On entre donc de plein cap dans une partie de combat culinaire ludique et comique, où Mitsuko devra se battre pour faire primer son point de vue. Et malgré le sérieux qu’aurait pu avoir un tel sujet, le tout reste toujours léger et drôle, facile à suivre, sans que l’auteur ne cherche à rallier à sa cause ses lecteur. Contrairement à Mitsuko, donc.

Mais pourtant, Mamoru Kurihara sait se fait sérieuse et grave quand il le faut, comme le prouve ainsi la fin abrupte et choc de l’avant-dernier tome, ouvrant la voie à une conclusion douloureuse. Un don pour nous faire passer du rire aux larmes, en quelques cases…

Heureusement, la fin offre de nouveaux espoirs et, surtout, un chapitre bonus nous présentant le one-shot à l’origine de la série, avec une Anju au sourire décérébré trop choupi. Et un nouveau thème : la sodomie. Parce que ça manquait un peu, tout de même.

En bref…

Mitsuko Attitude est un très bon jôsei, drôle et sérieux à la fois, une petite pépite comme on en croise finalement assez peu.

Kids on the Slope

La fin de la semaine a apporté une bonne nouvelle. Kazé va nous apporter le premier tome de Sakamichi no Appolon de son titre original, le 2 mai prochain. Josei de Yuki Kodama terminé en 9 tomes, Kids on the Slope, prend place dans le Japon des années 60.

Kaoru, jeune intello à lunettes, vient tout juste d’emménager en ville. Il n’a pas pour habitude de se mêler à ses camarades de classe, au contraire, même. Et pourtant, sa rencontre avec le bagarreur Sentarô va radicalement changer sa vie…

Je connaissais la réputation de son adaptation animée, mais je n’y avais pas prêté attention outre mesure. Mais avec cette annonce, j’ai décidé que mon week-end servirait donc à le découvrir, quitte à ne pas faire mon exposé d’anglais. Chacun ses priorités.

Lire la suite Kids on the Slope

Professeur Eiji

Professeur Eiji, c’est l’un de mes coups de coeur 2009, dont les sorties espacées en 2010 ont fait saigner ce pauvre petit coeur. Tant de peine, tant de souffrance. C’est triste.

Bon alors, de quoi ça parle ? Eh ben, c’est plutôt simple. Professeur Eiji, ou Ice Eiji, dans sa version japonaise (ou encore Ice Age, c’est comme on veut), narre le quotidien d’Eiji Fûwa, reporter de guerre revenant au Japon pour enseigner l’anglais dans un collège. Là, ses méthodes atypiques vont bouleverser la routine des élèves et des enseignants.

Alors, oui, dis comme ça, on pense automatiquement à GTO. Et encore, j’ai essayé de minimiser la ressemblance dans ce résumé fait maison (vous m’en direz des nouvelles). En fait, il n’y a rien de semblable entre les deux oeuvres. Mis à part que le personnage principal est un prof.
GTO, c’est un shônen fleuve, 25 tomes, publié chez Kôdansha au Japon, Pika en France, bourré d’action et d’humour souvent ras-les-pâquerettes. Prof’ Eiji, c’est un jôsei de 10 tomes, avec une courte suite de trois tomes, publié chez Shûeisha eu Japon, Kana en France, plus calme et plus sentimental, explorant plus la psychologie des personnages que leur sexualité (quoique…).

Les deux premiers tomes sont sortis à prix « chouchou » (4.50€) mais je crois que cette offre a expirée depuis.


Comme l’image ci-dessus le laisse voir, Akiko Monden dessine bien. Ses hommes ne sont pas des éphèbes efféminés au menton pointu (sauf sur la couv’ du tome 1) et aux membres longilignes qui n’en finissent plus d’être long et mince. Et c’est tant mieux. Ses femmes ne sont pas des demoiselles en détresse aux grands yeux de biche et au comportement niaiseux. Seuls les tout petits enfants restent trop mignons, avec une bouille toute kawaï.

Contrairement à beaucoup de ses collègues, elle remplit ses cases avec des décors, même si on retrouve aussi beaucoup l’usage de trames.
Oh, et comme je suis un traître, cette image n’est pas tirée de la série en question, mais de son site.


Celle-ci, si, par contre. Il s’agit d’Eiji et de son cousin Hiroshi, qui se trouve être handicapé.
Mais comme je suis un traître, c’est la couv’ du dernier tome de la saison deux et -spoil- Hiroshi a les cheveux courts ! Ça, c’est du spoil !

Professeur Eiji brasse donc plusieurs thèmes, du handicap à la maltraitance des enfants, au divorce, en passant par l’alcoolisme. Le tout avec plus ou moins de tact, de rigueur ou de réussite.
L’auteur nous offre beaucoup de scènes touchantes, dévoilant le passé traumatisant d’Eiji, dont la guerre a laissé des souvenirs marquants. Elle fait également évoluer tranquillement son petit cercle de personnages et là où elle réussit bien, c’est dans la réutilisation de ceux-ci. Là où, par exemple, GTO mettait de côté un élève dont l’histoire était résolue, dans Professeur Eiji, ledit personnage n’en a pas terminé. Ce n’est pas parce que son chapitre est clos que d’autres problèmes ne peuvent pas apparaître ou que lui-même ne peut plus interagir avec d’autres protagonistes. Bref, on à là un petit monde qui ne demande qu’à vivre sous nos yeux, dessiné avec émotion sous la plume talentueuse d’Akiko Monden.

L’édition de Kana est correcte dans l’ensemble, même si on peut regretter une traduction parfois un peu lourde, mais il semble désormais que ce soit une constante chez cet éditeur. Ainsi Eiji ne peut s’empêcher d’appeler sa (séduisante) collègue par son nom ET son prénom, à chaque fois, malgré leur rapprochement lent et subtil mais bien existant. Je ne sais pas si c’est pareil en vo, mais je ne pense pas, vu que chez Kana, on est alourdir une lecture via ce genre de stratagème machiavélique (avec, par exemple, des tournures de phrases alambiquées).

Quant à la seconde saison, ces trois tomes ne sont pas encore prévus par Kana. En Juillet dernier, en tous cas, elle ne l’était pas, mais, comme ils m’ont répondu, « qui sait » ? Ce qui ne signifie pas grand chose en soi. En gros, pour moi, ça équivaut à un « bah j’en sais rien, j’ai la flemme de demander à mes supérieurs, alors je réponds à la Normande, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non. » Sympa.