La cantine de minuit

Publié depuis 2006 au Japon, c’est en ce début d’année qu’on a enfin pu découvrir en France ce manga, précédé d’une bonne réputation grâce à son adaptation TV (3 saisons et 2 films) et ses nombreux prix (ou nominations). Avec déjà 18 tomes dans son pays d’origine, on a ici le droit à des volumes doubles, en grand format cartonné, avec des couvertures retravaillées (des scènes de vie plutôt qu’un dessin de plat) et un titre en français (parce que Shinya Shokudo, c’est pas très transparent). Le tout pour 18€, ce qui reste raisonnable.

Comme son titre l’indique, la Cantine de Minuit se déroule dans un restaurant ouvert durant la nuit, de minuit à sept heures du matin. La carte de cette gargote située dans un coin caché de Shinjuku est plutôt pauvre, mais le patron se fera un plaisir de préparer un plat à la demande, s’il a les ingrédients à sa disposition.

Voilà résumé en très peu de mots, l’histoire toute simple de ce seinen, aussi simple que les dessins de Yarô Abe. Style de dessin que je ne connaissait pas quand j’ai découvert l’oeuvre, par le biais de la série disponible sur Netflix. J’ai enchaîné les épisodes avec plaisir, et cela a ouvert mon appétit pour la version papier, bien que je me demandais comment un récit avec de telles bases pouvait perdurer sur plus de 15 tomes,  et même bientôt 20…

Dans ce premier tome, on découvre dont la vie nocturne de cette cantine atypique, au cours de scénettes plutôt courtes (une dizaine de pages à chaque fois), toute tournant autour d’un plat simple mais appétissant. Nouilles sautées, beignets d’oignon, petites saucisses taillées en forme de poulpe… Rien d’extraordinaire ici. Et pourtant… Chacune de ces recettes nous décrira la vie d’un client de passage ou d’un habitué des lieux. Et l’on se doute qu’avec des horaires d’ouvertures si particuliers, cette clientèle l’est tout autant. Acteur porno, yakuza, chanteuse d’enka, tous ont leurs raisons de venir chercher un peu de réconfort auprès du patron, peu bavard mais toujours bienveillant. Des vies qui se croisent, des vies ordinaires (enfin, il y a quand même pas mal de célébrités, entre acteur de second rôle ou futur boxeur pro), sans grandiloquence, avec des thèmes récurrents (l’amour et la famille, principalement), autour de plats qui sont comme une fenêtre sur leurs vies.

Par petits bouts, on en apprends plus sur ces personnages attachants, dans ces scénettes toujours liées à la nourriture, d’une façon ou une autre. Certains ont même la chance de revenir dans cette Cantine, soit comme habitués des lieux dans une histoire consacrée à une autre personne, soit de nouveau sous les projecteurs. Une galerie de personnages qui s’étoffe petit à petit. Yarô Abe n’en fait jamais trop et réussi à ne pas faire dans le mélodramatique.

Comme pour la série disponible sur Netflix (Midnight Diner : Tokyo Stories), La Cantine de minuit, m’a charmé. C’est un récit très simple, presque désuet, mais il ne m’en fallait pas plus. J’ai été pris au dépourvu, je ne pensais pas autant apprécier cette lecture. On ressent la tendresse qu’a le mangaka pour ses personnages. Maintenant, dans le même genre « Tranche de vie – gastronomie », j’attends WHAT DID YOU EAT YESTERDAY ? de Fumi Yoshinaga.

En bref, une lecture agréable et qui ne lasse pas. J’attends donc la prochaine fournée avec hâte. Le tome 2 est prévu pour Septembre prochain.

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