La Semaine du Shôjo 2017 (en retard)

Après une pause l’année dernière, l’événement interblog initié par @Club_Shojo revient en 2017.  Le principe ? Toute la semaine, du lundi 24 au dimanche 30 avril, des articles sur le site-mère et sur les blogs des nombreux participant-e-s, tous mettant à l’honneur le shôjo. Après le ou la mangaka préféré-e en 2014, après le personnage le plus réussi en 2015, le thème choisi, pour cette édition : « quel shojo (yaoi ou josei) a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ? »Je n’avais pas prévu à l’origine de participer cette année, puisque j’avais un peu peur de me répéter par rapport aux années précédentes. Mais après, qui se rappelle de ce que j’ai écrit il y a deux ou trois ans ?

Bref. Ce n’est pas une question facile. Déjà, pour commencer, peut-on quantifier l’impact d’un titre ? Je veux dire, certains mangas m’ont vraiment marqué, c’est sûr et certain. La preuve, ma vie tourne encore beaucoup autour de Yu-Gi-Oh (je viens de télécharger l’appli Duel Links, on verra ce que ça donne), et L’ère des Cristaux a indéniablement modifié certains aspects de mon quotidien. Problème :  ce ne sont pas du tout des shôjos. Deuxième problème : je ne lis plus tant de shôjo que cela (oui, c’est affreux).

Et ceux lu dans le passé ne m’ont pas tant marqué que cela. Même si j’adoooore Card Captor Sakura, premier titre des Clamp que j’ai lu et avec lequel j’ai découvert le monde merveilleux des Magical Girls, je ne me voyais pas parler des heures durant des innombrables conséquences qu’il a eu sur ma vie de manière durable et concrète.

Trêve de suspens inutile, le shôjo manga, qui a vraiment bouleversé ma vie, c’est sans nul doute L’infirmerie après les cours, de Setona Mizushiro, titre avec lequel j’ai découvert l’auteure.

Manga - Manhwa - Infirmerie aprés les cours (l') Vol.1

Oeuvre aujourd’hui en arrêt de commercialisation, ce shôjo raconte l’histoire suivante : Mashiro est un garçon. Que ce soit aux yeux des autres, ou de lui-même. Il le sait. Voilà qu’un jour pourtant, il a ses règles. Son lycée d’apparence classique renferme une infirmerie bien étrange, où chacun apparaît selon sa véritable nature… Et là, c’est revêtue d’un uniforme féminin qu’il apparaît : en FILLE. Entre rêve et réalité se mélangent les genres, et Mashiro devra y trouver sa place.

Setona Mizushiro créé donc ici un univers fantastique dans lequel elle ancre dans le même temps des thématiques et des questionnements qui sont encore et toujours d’actualité. Mashiro est complètement perdu, et ses cours du jeudi soir sont supposés l’aider dans sa quête de vérité, sa quête de lui-même. Evidemment, tout ne se passera pas comme prévu, et rapidement un mystérieux antagoniste se dévoilera : l’Armure. Car alors que les autres participants à ces cours particuliers revêtent une apparence qui les rend méconnaissables, Mashiro reste identifiable, et c’est ainsi que son secret sera révélé de la pire des façons, à la vue de tous. Dans le monde du rêve, les secrets sont mis à nu, mais impossible de reconnaître qui est qui : Mashiro va donc tenter de retrouver son assaillant parmi tous les élèves du lycée…

Mais au-delà de cette enquête, il devra surtout se trouver lui-même, alors qu’il ne se connaît finalement que trop peu. L’image qu’il a de lui, de la masculinité et de la féminité ne sont qu’un assemblage aberrant de clichés sexistes. Les questions de genre sont finement traitées (ce que je trouve rare globalement), et Setona Mizushiro exploite d’autres sources d’inquiétudes et de troubles adolescentes (comme les agressions sexuelles, la phobie scolaire, etc) grâce à une galerie de personnages secondaires assez large et qu’elle développe au grès des besoin du scénario. De même, le but de cette infirmerie secrète et le devenir des élèves qui réussissent ce cours restent nimbés de mystères. La seule chose que Mashiro et les autres savent : pour quitter le lycée, ils doivent trouver une clé.

Bref, outre la thématique qui m’avait à l’époque marqué, le talent narratif de la mangaka emporte le lecteur qui n’a pas le temps de s’ennuyer. C’est trépidant, et chaque rêve apporte de nouveaux éléments. Une relecture permet même de voir sous un angle neuf certains détails et éléments qui pouvaient passer inaperçus. La fin de la série fut également un choc inattendu, qui offre une perspective totalement nouvelle aux 10 tomes de ce manga.

Alors qu’on aurait pu croire à un simple shôjo de romance lycéenne, Setona Mizushiro a réussi à innover, tout en gardant les bases (on aura bien un triangle amoureux, ouf !). Dans la valse des sentiments et des tourments, Mashiro évoluera (certes trèèèès lentement) et confrontera son regard au monde extérieur. Il peut paraître très agaçants dans ses hésitations et errements, mais cela en fait également un personnage réaliste. Il apprendra même à s’accepter, à s’affranchir du regard des autres, et c’est sûrement cela, pour moi, la leçon la plus importante de ce manga.

Liste des participants :
Manga Suki
Kyoukai’s World
Ma petite médiathèque
L’antre de la louve
Maruna critique tout
Miyuneko no yume
Vagues Souvenirs
Mirrors
Seventh
Club Shôjo

Publicités

3 réflexions sur “ La Semaine du Shôjo 2017 (en retard) ”

  1. J’aime beaucoup ton analyse de l’œuvre, qui a été un tournant dans le monde du shôjo pour moi. ^^ Du coup, tu m’as donné envie de relire « L’infirmerie après les cours » !

Laisser un nyan !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s