The Ancient Magus Bride

Malgré son titre tout en anglais au sens étrange, The Ancient Magus Bride (de son nom japonais Mahô Tsukai no Yome) est la bonne pioche des éditions Komikku. Grand succès dans son pays d’origine (à peine 3 tomes, tous présents dans les top style Oricon, gros tirage et donc grosses ventes), il n’y a plus qu’à confirmer l’essai en France. Le titre de Kore Yamazaki a de quoi plaire à un large public (pas comme ces trucs obscurs dont raffole Meloku).

Tout commence de manière assez étrange. Chise (ou Chisé parce que des fois on met des accents sur les prénoms japonais pour pas que les gens se gourent dans la prononciation) est une gamine abandonnée, qui va être vendue au plus offrant, dans une salle d’enchère où les ventes sont des créatures ésotériques, style sirène et autres trucs du genre. Et il y a Chise, alors que c’est une humaine comme toi et moi. Enfin… presque. Parce qu’il se trouve que la demoiselle a des dons magiques : elle est une Slay Vega. Vous ne savez pas ce que c’est, moi non plus, et c’est pas grave. Car là, c’est un étrange sorcier dénommé Elias qui va l’acquérir, la prendre sous son aile mais aussi… la prendre pour épouse. C’est la chute du premier chapitre que j’ai spoilé sans vergogne. Déso pas déso.

Ouais, dis comme ça, ça fait truc glauque et limite repoussant. Surtout que c’est une gamine de quoi ? 14-16 ans, pas plus ? Et le mec a facilement plus du double et cache son affreuse tête avec un crâne à cornes. A moins que ce ne soit réellement sa tête, on ne sait pas trop. Heureusement, l’aspect « mariage » du manga est pour le moment limité à un running gag. Et c’est en vrai plutôt bien mené. Et comme la mangaka est une femme, on devrait je l’espère ne pas crouler sous du fan-service.

Pour le reste, on se retrouve avec un titre à l’ambiance apaisante, presque mélancolique, dans une Angleterre moderne mais largement fantasmée pour ne pas ressembler au pays actuel. Quand les personnages parlent d’informatique, là, on se rend compte que le récit est bien contemporain. Et puis on doit voir un bus dans l’un des décors, mais bon, on n’y fait pas trop gaffe. La vision de la mangaka fait immédiatement penser à Harry Potter, avec cet univers de magie côtoyant notre monde sans qu’on le sache, où les sorciers, fées & dragons se cachent de nous autres pauvres moldus ignorants. Une influence que Koré Yamazaki assume largement.

Aussi étrange que cela puisse paraître dans un monde où les catégories sont importantes, The Ancient Magus Bride est un shônen (d’après Manga-News). Comme quoi, on peut avoir des héroïnes dans un titre a priori destiné à un public masculin. Au Japon, le titre est prépublié dans le Comic Blade, aux côtés d’Amanchu de Kozue Amano et Peace Maker Kurogane de Nanae Chrono par exemple. On notera que dans ce même magazine fut publié Vassalord, qui ne me semble pas particulièrement attirer des lecteurs, mais plutôt des lectrices (plus de 80% selon les statistiques de Manga-Sanctuary). Tout ça pour dire que l’appellation shônen du magazine ne signifie pas grand chose en vrai et que son public cible est plutôt flou. Et quand c’est flou, y a un loup.

Je diverge.

Ce premier tome se compose de chapitres indépendants permettant de planter le décor et de nous introduire en douceur les enjeux, tout en offrant des informations sur ce monde, par le biais de Chisé qui malgré son don en connaît autant que nous. C’est-à-dire, pas grand chose. C’est ainsi qu’on fera la différence entre magie et sorcellerie ou qu’on se familiarisera avec la mécanique magique. Dès la fin de ce tome, l’auteure lance une première histoire s’étalant sur plusieurs chapitres. Et il y a des chats. C’est KAWAII. C’est cool. Mais aussi glauque parce que ça parle de la légende de leurs neuf vies et d’un tueur de chats. Pauvres bêtes…😥

Le titre fonctionne bien grâce à (et repose essentiellement sur) son duo (comique ?), Elias et Chisé. D’un côté, un sorcier puissant et connaisseur de son domaine de prédilection, qui a l’assurance due à son expérience, avec une apparence inquiétante en contradiction totale avec son comportement bienveillant. De l’autre, une jeune fille discrète et effacée, qui cherche encore sa place dans son monde après avoir été rejetée par tout le monde au point de se retrouver vendue dans des enchères des plus louches. Elle traîne derrière elle un lourd passé dont seulement quelques bribes nous sont dévoilées avec parcimonie.

L’édition de Komikku est bien, avec un papier blanc et épais qu’on voit pas trop à travers et des pages couleurs permettant d’admirer les beaux dessins de la mangaka. Son style est maîtrisé et rend bien l’ambiance qu’elle a voulu insuffler à son univers : doux et posé, comme le ton de l’oeuvre. Le chara-design est lui un peu plus ordinaire, exception faite d’Elias.

Le tome 2 est sorti début Juillet. J’aurai donc pu vous confirmer ou non la bonne impression laissée par ce premier tome. Mais je n’ai pas encore la suite. Tant pis pour moi et tant pis pour vous.

3 réflexions sur “ The Ancient Magus Bride ”

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