Saru

Dans la longue liste des mangas achetés directement ou indirectement à cause de l’influence grandissante de Meloku, Jojo ou quelque soit le nom qu’il s’est choisi à notre époque, voici le dernier venu. Saru. Titre en deux tomes réunis en une intégrale par les éditions Sarbacane, dont je découvre l’existence. Ils ont, du coup, supprimé la couverture du tome 2 que l’on ne retrouvera nulle part et même pas en quatrième de couverture, ce que je trouve fort dommage. Mais c’est bien là le seul reproche que je peux faire à ce titre (avec un « Je » en trop qui s’est glissé dans l’une des bulles de je ne sais plus quelle page mais comme ça n’avait plus de sens, je l’ai aussitôt remarqué).

Je ne suis pas sûr de réussir à dire autre chose ou d’ajouter un petit plus par rapport aux articles de Meloku et Mangaverse, mais bon, ça fera un coup de pub’ supplémentaire pour ce titre qui le mérite.

Ce seinen de Daisuke Igarashi est clairement un titre atypique. Déjà, parce que c’est le premier manga imprimé en Malaisie dans ma collection.

Ensuite, parce que l’histoire commence d’une manière énigmatique, sur deux portraits sous-titrés d’un curieux « Qui es-tu ?« . Et puis, on se retrouve à voyager à travers les époques et les pays, alors que divers événements bouleversent la destinée du monde. Chine sous la dynastie des Ming, Sibérie Centrale au début du XXième siècle ou de nos jours au Pérou, le mangaka nous fait voyager à la poursuite de phénomènes surnaturels a priori sans rapport entre eux (mais que l’on devine liés sinon ça n’aurait pas de sens). Et puis, le plus important, c’est certainement les nombreux passages se déroulant en France, et plus précisément à Angoulême. Cela change de Paris (même si la capitale de notre beau pays n’est pas oubliée).

En plus de nous faire voyager dans l’espace et le temps mais sans Tardis, Daisuke Igarashi mélange les mythologies et les religions dans une sorte de gros bouquet garni qui vient parfumer son oeuvre de senteurs ésotériques. On aurait pu craindre un boulgi-boulga indigeste, mais la sauce prend bien. L’ensemble est étonnement extrêmement cohérent. Le début est donc assez compliqué à appréhender, avec maintes situations et maints personnages introduits, mais un peu de concentration suffit à entrer dans le récit ambitieux du mangaka.

Pour nous aider, l’histoire va se centrer autour de Nana, une jeune fille qui n’a rien à voir avec l’Apocalypse en cours mais va se retrouver, plus ou moins contre sa volonté, au cœur des événements. Et elle est japonaise parce qu’on est dans un manga. Elle a un rôle, plutôt transparent, d’observatrice. Comme nous, elle essaye de comprendre, se rendant rapidement compte qu’elle est inutile et impuissante face aux forces démesurées en présence. Un peu comme dans un récit de Lovecraft.

D'où la présence d'un Poney-Cthulhu sur la photo.

Le mangaka a un style de dessin loin des canons du genre, mais qui ne m’était pas totalement inconnu. Alors que c’est le premier livre de Daisuke Igarashi que j’ai lu. Pas très logique, me direz-vous. Et puis je me suis rendu compte que ce trait particulier m’évoquait en fait une autre mangaka que j’apprécie beaucoup. Et en tapant les deux noms ensembles sur un quelconque moteur de recherche dont je tairai le nom, j’ai découvert le pourquoi du comment. Yuki Urushibara, l’auteure de Mushishi, cite Daisuke Igarashi comme l’une de ses influences (ça change de Dragon Ball).

Influence qui ne se limite pas qu’au dessin. En effet, Daisuke Igarashi aime développer des thématiques sur la nature, l’écologie et l’équilibre fragile de la planète. Et c’est donc le cas dans Saru, où malgré l’urgence de la fin du monde annoncée par une prophétie, on retrouve cette ôde à la nature, cette réflexion sur son rôle et le rôle de l’être humain dans cet écosystème fragile. Le tout, sans que cela paraisse moralisateur.

Concernant l’édition, mis à part la coquille évoquée en début d’article, elle est excellente. Traduction limpide, pages épaisses et bien blanches (ça se remarque d’autant plus que je venais de relire Banana Fish), reliure solide… Du tout bon.

En bref, Saru est la bonne surprise de ce début d’année. Je pourrais en parler plus longuement, mais il me faudrait alors dévoiler certains passages de l’intrigue. Ce serait dommage. Alors, lisez-le.

2 réflexions sur “ Saru ”

Laisser un nyan !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s