magi

Magi, the Labyrinth of Magic

A l’occasion de la reprise de la série – de mon côté évidemment puisque Kurokawa a tranquillement continué de publier sans relâche et surtout sans m’attendre, je refais un article. Avec deux tomes achetés en 2012 puis un seul à l’été 2013, je n’avais à peine fait qu’effleurer l’univers créé par Shinobu Ohtaka. Car les tomes 4 à 8 contiennent le premier « grand » arc de la série, avec l’arrivée d’Aladin à Balbad, ville-royaume d’où est originaire Ali Baba. Et cet arc permet au manga de prendre un nouvel envol.

C’est l’occasion pour Shinobu Ohtaka de complexifier un peu son récit avec le développement des relations géopolitiques, pour la plupart tendues, entre les divers pays. Le tout avec une flopée de nouveaux personnages secondaires, relativement charismatiques : Sinbad, Qasim, Kôgyoku… Et le retour de l’intriguant Judal. La galerie s’étoffe donc largement, et tous auront un rôle à jouer dans les évènements à venir.

Cet arc explore aussi le passé d’Ali Baba tout en dévoilant des pans entiers du fil rouge du manga : les magi. Et donc, Aladin, le plus mystérieux de tous, gamin ignorant ne se connaissant pas lui-même. On le sait depuis les premiers tomes : un magi est un magicien puissant pouvant utiliser la force de ce qui l’entoure plutôt que sa seule puissance.

Mais comme le responsable éditorial qui supervise Ohtaka trouve son manga trop complexe, la mangaka est obligée de répéter plusieurs fois cela : tome 2, 3, 4, 5, 6… Alors que, à vrai dire, c’est plus la situation politique qui est compliquée, et ce malgré les discours simplistes (volontairement ?) d’Ali Baba.

En bref, chaque tome contient un résumé de ce que l’on sait déjà sur les magi, parfois agrémenté d’un petit plus, pas grand-chose, mais de quoi se sustenter jusqu’à la prochaine révélation. Par exemple, quand on nous dit que les magi sont les faiseurs de roi, qu’ils désignent en les soumettant à l’exploration d’un labyrinthe. Ceux qui ressortent d’un labyrinthe se voient alors attribuer bonheur, pouvoir et fortune. Ceci est dit dès le tome 2 par Amon, répété dans le tome suivant par Païmon, qui n’en sait pas plus. Pauvre Aladin qui n’avance pas dans sa quête d’identité…

A chaque labyrinthe correspond son écrin magique abritant son djinn. L’apparence et la dangerosité du labyrinthe, qui apparaissent sur simple volonté d’un magi, dépend du djinn y résidant. Cela, on l’apprend grâce à Sinbad, qui est bien calé en la matière, et pour cause.

Si seuls les magi peuvent invoquer les djinns corporellement, les élus du labyrinthe peuvent les utiliser en tant qu’armure (« revêtmage », mot-valise bien trouvé, belle traduction) ou arme. C’est là que l’on remarque le talent de la mangaka pour le design des monstres, des djinns et des armures. Quelle classe.

MAGI © 2009 Shinobu OHTAKA / Shogakukan Inc.

On notera par ailleurs que les noms des djinns sont directement issus du Lesser Key of Solomon ou Lemegeton, bouquin ésotérique de démonologie recensant 72 démons, et donc, dans le cas de Magi, autant de labyrinthes et djinn possibles. Et, du même coup, autant de Rois. Sauf qu’en fait, rien n’empêche quelqu’un d’explorer plusieurs labyrinthes – à part l’envie de rester en vie, et certains se retrouvent avec moult djinns et équipements magiques, comme Sindbad, le roi des sept mers.

De même un magi peut désigner plusieurs rois, et Judal semble prendre plaisir à donner leur chance à tous les héritiers de la famille impériale de Kô. Cela promet pour la succession.

Mais alors que le récit se développe autour des heureux explorateurs de labyrinthes qui s’en sont sortis vivants, l’exploration de ces mêmes labyrinthes est passée sous silence. « The labyrinth of magic », sous-titre du manga, n’en devient que moins judicieux. Sur les huit premiers tomes, seul un labyrinthe fut l’objet d’aventure, et il y a fort à parier que cela sera le seul, au final. Dommage. Car il s’agissait tout de même d’un vivier de récits, comme les nombreuses îles que découvre l’équipage de Luffy. Certes, cela serait lassant de voir Aladin et Ali Baba accumuler les écrins magiques, mais les premiers chapitres laissaient entrevoir cette possibilité.

Désormais, il faudra peut-être lire le spin-off (Sinbad no Bouken) (à quand chez Kurokawa ?) pour voir Sindbad découvrir des merveilles et affronter maints dangers, puisqu’il a, quand même, sept labyrinthes à son actif ! Avec tout ça, il doit être l’un des persos les plus puissants du manga. A voir par la suite, puisque sa présence, pour le moment, reste surtout diplomatique, à faire des négociations par ci, des négociations par là.

Que conclure de ce premier arc « long » ? Bien des choses. L’auteur s’en sert littéralement de tremplin pour la suite, introduisant l’organisation secrète mondiale dont Judal semble être le magi attitré. On devrait donc le revoir bientôt… Ali Baba a progressé, tant humainement qu’au niveau de sa puissance magique et Aladin progresse sur le chemin qui le mène à la vérité. Il n’y a guère que Morgiane dont on ne sait pas trop à quoi elle peut encore servir (triste pour elle) et si son but (retrouver son pays natal) va un jour trouver une résonance avec le récit principal.

Le tome 8 offre le début de l’arc Sindaria, le royaume de Sindbad, mais en seulement deux chapitres, difficile de prévoir ou de deviner ce que nous réserve Shinobu Ohtaka. Pour le moment, la tension est retombée, l’humour est revenu et il n’y a plus qu’à attendre la suite !

2 réflexions sur “ Magi, the Labyrinth of Magic ”

Laisser un nyan !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s