Moto Hagio : Anthologie

Après Kazé et le Coeur de Thomas en 2012, ce fut au tour de Glénat de s’y coller, avec un double recueil de nouvelles. Double, puisque l’anthologie est divisée en deux parties, sobrement intitulée De l’humain et De la rêverie.

Moto-Hagio-Anthologie

On va donc commencer par cette dernière, puisqu’elle contient une histoire dont j’avais beaucoup entendu parler, notamment sur le forum mangaverse, dès les premières rumeurs sur la parution de cette anthologie : Ils sont onze, et sa suite. D’ailleurs, ces deux histoires font les 3/4 de ce tome, façon one-shot.  Les deux autres nouvelles, Un rêve ivre et Le petit flûtiste de la forêt blanche ont plus l’aspect de nouvelles à proprement parler, donc.

Et je dois dire que, finalement, ce n’est pas l’histoire qui m’a le plus marqué. Peut-être à cause de sa suite, qui se contente de reprendre quelques-uns des personnages de Ils sont onze dans un autre contexte. Une histoire pleine d’aventures et de rebondissements, mais dans laquelle l’aspect SF et, je trouve, assez gommé. Une suite qui m’a donc moins convaincu que le premier  chapitre.

En effet, Ils sont onze est un huit-clos savamment orchestré. Dix personnes enfermées dans un vaisseau spatial, seules et abandonnées dans le vide interstellaire, pendant un peu plus de 50 jours pour réussir un examen. Dix ? Non, ils sont onze… Qui est l’intrus ?! Voilà un récit dont la tension ne faiblit pas, grâce aux multiples suspicions, aux imprévus et grâce aussi à l’humour du duo Flore-Tada. Bref, une réussite qui rend bien fade sa suite. Dommage.

Les deux autres nouvelles sont caractéristiques de l’auteur, d’après les notes explicatives. Néanmoins, j’avais prévu la fin du Flûtiste bien des pages avant la dernière, dommage. Cela dit, il y a une certaine mélancolie qui se dégage de cette histoire qui me plaît bien…

Le second recueil, De l’humain, est plus court mais contient plus de récits, plus variés. Du coup, je l’ai préféré. Même la préface, signée Baku Yumemakura (Onmyôji, etc.), m’a plus plu que celle de Tomoko Yamada pour De la rêverie.

On va d’abord évacuer ce que j’ai le moins aimé : il s’agit de la nouvelle à l’origine du Coeur de Thomas : le pensionnat de Novembre. J’avais encore en tête l’histoire « originale », même si un an sépare ces deux lectures, et j’ai trouvé ça confus, entre mes souvenirs de ce récit et ce qu’il se passait réellement dans cette version. Alors ça vient sûrement plus de moi que de la nouvelle elle-même, mais quand même.

La fille Iguane, récit important de Moto Hagio

Pour le reste, c’était parfait. L’intrigante Princesse Iguane et son introspection des relations mères-filles sous le prisme d’une enfant difforme à l’apparence de lézard était un excellent début pour ce recueil. A noter qu’il s’agit de son titre le plus récent parmi ceux rassemblés dans cette anthologie. Voilà qui me donne envie de découvrir de nouveautés de l’auteure, et pas forcément ses titres plus anciens.

Mon côté ange paraît un peu courte, mais elle est d’autant plus efficace, avec cette fin abrupte et surprenante, un peu à la manière de Pauvre maman, l’aspect glauque en moins.

Enfin, le coquetier nous amène dans un Paris sous l’occupation allemande, et Moto Hagio nous offre une vision pas trop romancée et plutôt réaliste sur ce long récit (une centaine de pages). Evidemment, on y croise des personnages au destin cruel et au passé torturé, mais c’est la marque de fabrique des grandes épopées.

De l’humain nous permet de découvrir de multiples facettes de l’auteur, se fait plus divers que son compagnon De la rêverie. Les deux forment un tout complémentaire qu’il est plus que conseillé de lire (et de relire). Un joli cadeau de Noël, en somme. Ou d’anniversaire.

Pour en savoir (beaucoup) plus sur Moto Hagio : Errances & phylactères.

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