Hikaru no Go ~ Deluxe

Depuis l’annonce sybilline puis officielle de Tonkam, il était évident que tôt ou tard, je prendrais la version deluxe de Hikaru no Go, le shônen de Takeshi Obata scénarisé par Yumi Otta, en vingt tomes, au lieu de 23. Soit une économie de… Euh, oubliez.


Car, en fait, contrairement à la majorité des Deluxe sortie en France, celle de Hikaru no Go est à peine plus épaisse qu’un tome normal, avec 10 chapitres dans un tome, en moyenne, contre 9. Bref, de quoi expliquer le peu d’écart pour le volume total de la série entre les deux versions. Du coup, entre 23 tomes à 7€ et 20 à 15,50€, le choix semble vite fait.

Pourtant, cette version Deluxe n’a pas dit son dernier mot. En effet, de Deluxe, elle en a tous les atouts. Les éditions Tonkam l’ont judicieusement dotée d’une hardcover, chose qui ne semble pas faire l’unanimité mais qui signe, pour moi, la qualité du bouquin et son classement en Deluxe.Manga - Manhwa - Hikaru no go - Deluxe Vol.2Sous la jaquette, comportant une illustration inédite avec un style d’Obata plus proche de celui de Death Note et Bakuman que du début de Hikaru no Go (et pour cause), se cache le croquis ayant servi à l’illu, parfois extrêmement semblables, parfois bien différent (pour le tome 4, par exemple). Un petit mot, trop court à mon goût, résume avec une brièveté toute japonaise le processus créatif. Style, « je voulais montrer la différence de mentalité entre Hikaru et Akira » ou des trucs comme ça, tu vois t’as vu.

Avec un plus grand format que la précédente édition et les pages couleurs issues de la prépublication, cette Deluxe devient plus agréable visuellement, nous permettant de profiter au mieux de l’évolution des dessins d’Obata. A noter que chaque tome s’ouvre sur une page couleur inédite avec l’un des personnages en version chibi vraiment kawaïi : Hikaru, Saï, Akira… C’est chou.

Quant au bonus, les fameuses petites anecdotes de la scénariste, Yumi Hotta, celles de la version d’origine sont conservées, avec parfois une inédite sur les dessous de la création de cette Deluxe.

On a aussi le droit à une présentation des personnages via vingt croquis réalisés par Obata, un par tome, donc. C’est Yumi Hotta qui les lui a demandé, peu après la fin de la prépublication. Et comme rien ne se perd, rien ne se créé mais tout se transforme, les voici, les voilà. Mais attention, surprise, Hotta ne commence pas par les plus évidents, comme le trio Saï, Hikaru, Akira.  Preuve : le premier élu est Haga !

Le pitch (oh mon pitch, quant t’as un p’tit creux, prend dans ta poche un pitch ou deux !) ? On le connaît bien. C’est encore l’histoire d’un gosse qui se fait hanter par un être d’une autre époque et il vont jouer, progresser, devenir fort et se faire des amis. Bref, du bon shônen comme on aime. Pas de soucis à se faire, on connaît l’excellente réputation de Hikaru no Go, on sait donc que le manga vaut largement le coût.

Reste un problème dont je voulais traiter quand même puisqu’il a fait l’objet de maintes demandes et plaintes de la part d’un lectorat capricieux. Et sur le coup, je peux comprendre. Il s’agit du papier. De qualité, il va de soit, Deluxe oblige, mais voilà qu’il devient glacé à partir du tome 3. Ce changement, comme le justifient les éditions Tonkam, a lieu afin de rétablir leur volonté initiale. Sauf qu’après deux volumes sans, on aurait pu s’en passer et se faire à l’idée, tant pis. Surtout que, de mon point de vue, je ne vois pas ce qui a pu empêcher les tomes un et deux de se voir garnir par le même papier glacé ? Il y a clairement un soucis d’organisation de ce côté-là…

Véritablement, le seul reproche concernant cette Deluxe, outre la faible pagination, imputable à l’édition japonaise, sera son rythme de parution, estimé comme étant bimestriel selon le bandeau publicitaire, même sur les derniers tomes édités. Et pourtant ! Le tome 4 est paru trois mois après le précédent. Le t.5 ? Quatre mois plus tard. Le tome 6 étant prévu pour Janvier 2014 au moment où j’écris ces lignes… Mais l’éditeur promet un rythme plus « soutenu » dès l’année prochaine avec trois tomes par an. Et donc, la fin en Janvier… 2017. La Deluxe mettra donc plus de temps à se clore que son aînée…

Bref, pari raté, au niveau des ventes, pour les éditions Tonkam qui comptaient sûrement sur un engouement total des fans de la première heure. Mais il faut croire que le prix, la couverture cartonnée et le faible nombre de pages auront eu raison de ceux qui réclamaient cette Deluxe à cors et à cri. J’avoue que cela me laisse dans l’incompréhension la plus totale…

Du coup, pour ne pas à revoir à la baisse la qualité de cette Deluxe, Tonkam se retrouvent dans la spirale infernale des renégociations, devant à la fois baisser au maximum les coûts de fabrication et, si possible, les droits d’édition. C’est triste à dire, mais c’est comme ça. Hikaru no Go, en Deluxe, est le premier plantage de ce genre, mais peut-être pas le dernier. De quoi refroidir les ardeurs des éditeurs qui se lancent pourtant vigoureusement dans la brèche des rééditions de toutes sortes…

[Note : cet article a remporté le premier prix de la catégorie « Meilleure idée originale » des Sama Awards 2014, succédant à son grand frère. ]

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