[Manif Pour Tous] French Horror Story

La semaine dernière, le jeudi soir, avait lieu à Caen la première réunion des organisateurs de la Manif Pour Tous dans leur grande tournée française visant à se refaire une santé financière et à mobiliser les troupes en vue de la prochaine prise d’otage des rues parisiennes. Par curiosité, peut-être même par masochisme, j’y suis allé. Bien m’en a pris, car cette soirée fut riche d’enseignements.

Précisions : tout cela est issu de mes notes, prises minutieusement.

J’arrive au Centre des Congrès peu avant 20 h. Il n’y a pas foule, mais il reste 30 minutes avant le début de la conférence, alors, bon, on est pas pressé. Dans le quart d’heure qui suit, j’observe les arrivants. Force est de constater leur cheveux grisonnants, leurs rides, leurs bérets et parapluies (parce qu’il est de notoriété que Normandie=Pluie). Sans comptage précis, on a environ un jeune pour 20 à 30 personnes âgées. Chiffre totalement subjectif, évidemment.

Il est 20h15 quand je décide de rentrer, parce que la pluie me mouille (c’est son principe à elle, la pluie, de mouiller). A l’intérieur, on me tend la fameuse pétition qu’il ne faut pas signer. Je prend le papier et le déchire. Au moins, les choses sont on ne peut plus claires.

Dans la salle, capacité maximale de 540 personnes, beaucoup de vide, surtout sur les côtés, je m’installe au milieu, de manière à être progressivement entouré de militants. Masochisme level 2. Devant moi, des gens venus de l’Orne déploient une banderole « Paternité Maternité Diversité ». Il est 20h24.

A côté de moi, mes deux voisines trouvent qu’il y a beaucoup de jeunes. Elles me regardent donc avec insistance. J’ai peur. Il est 20h26.

20h31. La distribution de drapeaux aux couleurs de la Manif Pour Tous commencent. Après les sweat, les taches roses, bleues et blanches se multiplient. Mes voisins de gauches se les arrachent et les agitent comme des gamins. Ils ont plus du double de mon âge. J’ai peur.

20h32. J’ai soif.

Note : On ne me voit pas sur la photo ci-dessous. Ouf, j’ai bien fait de me mettre dans le fond. Et au milieu.

20h34. Réplique entendue :

« J’aurais voulu qu’il y ait autant de personnes lors des histoires d’avortement.« 

La salle s’est bien remplie, de vieux, s’il faut le préciser, et il reste assez peu de place libre. Encore une à ma gauche qui vient d’être empruntée par les manteaux de mes voisins de derrière, après mon accord bienveillant (oui, ils m’ont demandé).

20h38. Après avoir posés leurs affaires, mes voisins de derrière continuent de parler chiffons et remarquent donc le nombre ahurissant de sweats roses, bleus ou noir avec le logo de l’organisateur : « La capuche, ça fait jeune.« 

20h43. Avec du retard donc, la musique s’allume, style techno-parade, les drapeaux s’agitent et au milieu des applaudissements, Frigide Barjot et son alibi gay Xavier Bongibault apparaissent en haut de l’amphithéâtre, à quelques pas de moi. Les applaudissements durent et durent, tandis qu’elle se donne en spectacle, toute à sa gloire, brandissant une pancarte « Mariageophile, pas homophobe » (pancarte qui sera ensuite scotchées sur le pupitre).

Descendant les marches, micro en main, elle annonce qu’il y aura un débat, grâce à un groupe de militant pro-mariage pour tous qui l’attendait. Evidemment, je ne suis pas dupe…

20h48. Frigide annonce le début officiel du grand tour de France. Applaudissements du public.

S’ensuit alors le premier témoignage, celui d’un maire, dont j’ai oublié le nom, représentant donc de la loi, de l’Etat, et blablabla. Il annonce qu’au niveau de la France, la Calvados est en deuxième position des maires s’étant positionnés contre le projet de loi. Applaudissements.

Il ajoute qu’au total 20000 maires sont contre. Ce qui est pas rigoureusement exact. Déjà, pour l’instant, il y en a 19079 (http://www.mairespourlenfance.fr/) et, surtout, il y a aussi des adjoints. Autrement dit, il faut relativiser ce chiffre. On veut nous faire croire que sur les 36000 (et des brouettes) communes que compte la France, plus de 50% des maires seraient donc contre. C’est oublier les nombreux, très nombreux, adjoints qui s’ajoutent au total…

Mais l’on sait qu’à la Manif Pour Tous, ils aiment bien manipuler les chiffres. Rappelons que d’entrée de jeu, dans son discours d’accueil, Frigide nous félicitait d’être 600 à s’être réuni ce soir. Dans un amphi de 540 places. Logique.

20h51. J’ai toujours soif. Sur scène, ils ont des bouteilles d’eau. Xavier Bongibault a les mains dans les poches.

Le maire continue de lire sa feuille en s’embrouillant dès qu’il ose  improviser.

A 20h54, je note qu’ils n’ont pas de sens de l’humour, vu que les pancartes du 27 Janvier dernier réclamant un divorce pour tous les déconcertent. Ils jugent cela incohérent. « On ne se marie pas pour divorcer !« 

21h00. Le maire se demande, à haute voix, évidemment, s’il est bon d’accompagner toutes les évolutions de la société, comme le vol, le deal de drogue, brûler des voitures en banlieue. Enfin, des choses qu’il côtoie tous les jours dans son village du Bessin. En tout cas, la foule exulte, applaudit, se lève et agite ses drapeaux. Magnifique.

Où suis-je ?😉
Question bonus : où sont les jeunes ?

Musique, on change. Voici le pédopsychiatre Vincent Rouyer qui a regardé les débats à l’Assemblée Nationale : « C’est un asile de fous ! » Oui, j’approuve, l’UMP joue bien son rôle, effectivement.

Evidemment, l’habituel récit sur la complémentarité homme/femme est répété inlassablement par tous les intervenants. Et le public est chaud, ce soir, applaudissant à chaque phrase-clé. Style, « l’homme n’est pas une mère comme les autres. »

Pour ce monsieur, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe est une attaque contre le Réel, visant à nier la différence des sexes. C’est sûr qu’une fois la loi votée, on aura du mal à différencier un homme d’une femme, bien sûr, oui, je vois. Hum.

« Qui souffre ? L’enfant ! Est-ce que nous voulons ? » Le public répond non. En même temps, je me voyais mal répondre oui. Même si, franchement, y a des gosses… Bref. Passons.

On apprend ensuite que plus de la moitié des enfants de 11 ont déjà maté un porno. Le public est sous le choc est s’indigne bruyamment. Il fait ensuite le lien entre les viols collectifs en banlieue (relation de cause à conséquence). Le public approuve (« Bravo ! » fait mon voisin de gauche) et applaudit. Je dois être le seul à ne pas comprendre le lien.

Frigide en profite pour tacler Vincent Peillon, Ministre de l’éducation, qui promeut la Ligne Azur qui est donc une promotion de la sexualité (dont l’homosexualité : « ouuuuuh !« ), alors que dans le même temps il interdit le débat sur le mariage homo. Re : « Ouuuuuuh ! » du public. Je cherche encore le rapport (c’est la soirée, décidément).

« Dieu se rit de ceux qui ignorent les effets des causes qu’ils chérissent« . Barjot demande à répéter, elle n’a pas compris.

Après cette introduction, monsieur Rouyer en vient au faits : le mariage et pourquoi les homos ne doivent pas y avoir accès. Selon lui, toutes les orientations sexuelles ne se valent pas. Oh, il ne le dit pas ainsi, mais de manière détournée. C’est habile, mais ça ne prend pas avec moi.

Ainsi, il expose les arguments « des LGBT » pour qui « toutes les orientations se vaudraient » et que « l’hétérosexualité seraient la norme car majoritaire, comme les droitiers s’imposent faces aux gauchers. »

Sinon, il ne veut pas faire d’amalgames, loin de lui cette idée, mais « la pédophilie est aussi une orientation sexuelle. Alors où va-t-on ? Des militants revendiquent déjà les mêmes droits que LGBT ! » (« Ohlala » offusqué de ma voisine de droite)

Evidemment, pour lui, cette loi est un « caprice des adultes« , un « rejet du réel et de la frustration« . (Applaudissements)

Concernant les études, aucune n’est « sérieuse méthodologiquement« , sauf celle de Regnerus. J’ai ri.

Quand le docteur évoque la coparentalité, ma voisine émet un soupir rageur et méprisant, sa camarade lui répond « Ohlala« . Quelle sens de la répartie.

S’ensuit le sexisme, déjà latent, qui désire cantonner la femme et l’homme dans des rôles prédéfinis. Selon des études dont aucune référence n’a été donnée, le papa serait en échange phasique (?) et stimulant avec l’enfant, tandis que la maman joue sur l’émotion, le soin, la tendresse et le réconfort. Mais j’attends encore l’étude qui prouve que la femme doit rester dans sa cuisine et ne peut en sortir que pour faire le ménage ou les courses, et encore, pas trop longtemps.

A 21h18, on change, et donc rebelote, musique, applaudissements et petits drapeaux. Le rituel est bien connu. On accueille donc Thomas de Caen, qui a apporté à Frigide la connaissance de l’ampleur de la mobilisation normande, ce pourquoi elle est venue ici commencer son « grand mouvement de la libération des consciences« . La mienne l’était déjà avant sa venue, pourtant. Un truc m’échappe…

Thomas de Caen fait de la publicité pour le bouquin de sa copine dans lequel il apparaît page 256 (et en vente à la sortie, évidemment). La foule devient hystérique et applaudit à tout rompre dès la première allusion à la future manif. J’ai mal aux oreilles. Aïe.

21h22. Xavier boit. Et j’ai toujours soif.

Pendant ce temps, on accueille Charles, la trentaine, qui n’a pas été reconnu par son père à sa naissance. Il a donc été élevé par sa seule mère. Il est donc là pour nous convaincre de sa souffrance en lisant son discours bien préparé, bien propret.

Par exemple, quand on lui demandait ce que faisait son père, il ne pouvait pas répondre. C’était dur pour lui. Ce vide est resté en lui, comme il l’avoue.

« L’équilibre du papa et de la maman assure l’équilibre de l’enfant. » Applaudissement.

Les familles monoparentales, dont résultent donc tous les déséquilibrés qui errent dans nos rues, apprécieront.

Frigide, mutine, se permet souvent d’interrompre les témoignages, pour placer des répliques se voulant drôles. Exemple :

« –On sait tous compter, nous assure Charles.

Sauf le préfet de police de Paris !« 

Le tout remercié d’applaudissements et de drapeaux, comme le veut la coutume.

21h27. Frigide fait signe d’arrêter les applaudissements. Mes oreilles la remercient. Xavier-la-caution-gay prend la parole. Mais en fait non, Frigide se réserve un interlude ponctué de bonnes idées, comme définir le rôle de l’épouse, qui doit rester près de son mari quelques soient les difficultés éprouvées. Bientôt, elle va militer pour interdire le divorce, à ce rythme.

Extraits :

« Je veux libérer mon pays de ce poids idéologique ! » (Applaudissements)

« C’est une loi injuste pour l’engendrement et le reste de l’Humanité !« 

« Xavier est un homme libre ! » (Applaudissements)

C’est donc à son tour, enfin. Il est 21h30. Il nous rassure en précisant qu’il « ne parle pas au nom de tous les homosexuels » (encore heureux!) mais « au nom de ceux qui s’y opposent » (Applaudissements). Chouette porte-parole. Ce soir, ce n’est pas Hollande qui est homophobe, mais Jean-Marc Ayrault (huées du public dès que son nom est prononcé). A part ça, ce n’est pas un rassemblement d’UMPistes, comme dira Barjot par la suite (spoilers !).

Heureusement, le point Godwin est frôlé, mais pas atteint. C’est la même tirade qu’avec Hollande, mais sans la fâcheuse comparaison. Il a retenu la leçon, le coquinou.

Concernant la PMA, selon son point de vue, une assistance médicale est justifiée par la maladie. Les lesbiennes n’étant pas malades, elles ne devraient pas accéder à la PMA. A moins de dire que l’homosexualité est une maladie, ce qui serait homophobe, comme ce gouvernement ! Quelle logique impitoyable.

« La communauté homosexuelle est le bouc émissaire de cette loi : je le refuse ! » (Applaudissements, si besoin était de le préciser)

21h35. Le point Guigou est atteint. A priori, le fait qu’elle ait évolué sur la question du mariage va lui rester collé aux basques des années durant. Alors que la droite qui a changé d’avis sur le Pacs, là, il n’y a plus personne pour leur en vouloir (à part Boutin).

Le nom d’Erwann Binet est évoqué, huées du public, à nouveau. Mais rappelons que ce n’est pas un rassemblement politique, pour ceux qui n’aurait pas compris. D’après Xavier, la majorité refuse le débat, et il est soulagé que l’opposition soit efficace, notamment Gosselin (député de la Manche) qui est « extraordinaire« . On n’a pas du voir les mêmes débats #directAN.

En tout cas, fierté Normande oblige, le public applaudit de plus belle quand on évoque son député.

Mais là, c’est le drame. Xavier s’indigne que le temps de parole de la majorité de gauche soit si important par rapport à l’opposition. Vraiment, a-t-il assisté aux mêmes débats, lui qui était directement sur place ? Là, je commence à douter. Ou alors, il dormait.

21h37. On continue. Il reproche la surdité -face à leurs revendications- et le mutisme du gouvernement (que mes voisines jugent « nuls« ) -face aux « arguments » de l’UMP. Après tout, ils étaient « plus d’un million le 13 janvier » (Applaudissements). Mais « 700 000 personnes ont disparu devant nous ! » rajoute Frigide, rieuse, enchantant son public qui rit avec elle et l’applaudit de plus belle.

Mais Bongibault insiste. Il prend l’exemple des députés qui ont demandé une quarantaine de fois l’avis du Conseil d’Etat sans obtenir de réponse de Taubira (« ouuuuuh !« ), malgré « ses responsabilités de Garde des Sceaux !! » (clapclapclap!). Ce qui pour tout le monde est un hors-sujet majeur allié à de l’obstruction parlementaire semble pour lui être une ténacité admirable.

Barjot en profite donc pour annoncer qu’ils connaissent cet avis tant réclamé : « on le dira à la presse dimanche matin : défavorable. » Le public est en liesse. Vivement Dimanche (dernier, du coup, vu ma lenteur de rédaction). Même si Le Monde leur a coupé l’herbe sous le pied.

21h42. « Le mariage est un écran de fumée » pour cacher le reste, ce qui va pas. Mes voisins approuve du chef et y vont de leur remarque. Ils évoquent même le Mali pour masquer la Manif du 13. Point théorie du complot atteint.

« On veut du boulot, pas du mariage homo !« 

Standing Ovation. Longue, pénible, certains se lèvent.

Barjot reprend le relais, mobilisatrice : « Il n’y a que nous et vous, pas d’UMPistes, pas de catho ! » Je ne sais pas qui elle essaie de convaincre, à part elle-même.

21h45. J’ai toujours soif.

21h47. Le débat pas prévu commence, Barjot demande à ce que la délégation LGBT soit applaudie, ce qui sera fait. Timidement. Beaucoup plus que quand elle a demandé s’il y avait des chrétiens dans la salle, moins d’une minute plus tôt (What The Fuck ?), après avoir dit qu’il n’y avait pas de cathos dans la salle (faudrait savoir, hein).

Pour elle, il faut « trouver une solution tous ensemble pour tout le monde sans changer la structure de notre humanité« .

Après une présentation des membres de ce comité visant à les infantiliser et à les instrumentaliser, avec une Barjot tout sourire, ils peuvent enfin s’exprimer et remarquer qu’ « il y a des propos haineux« . Mes voisines s’étonnent : « Ah bon ? J’en ai jamais entendu, moi ! » Mais elles sont vieilles, alors je leur pardonne leur surdité sélective.

Quand l’un d’eux fait remarquer qu’il trouve cela insultant qu’on manifeste contre ses droits, des sifflements éclosent dans la salle. Mon voisin : « Ah non, pas ça, après, on va dire qu’on est homophobe ! » (Oh?) Et il se met à applaudir, rapidement suivi par d’autres, par la salle. J’ai le chauffeur à côté de moi. Cool.

Frigide précise alors qu’elle se battra « pour qu[‘ils] puiss[ent] vivre [leurs] amours sans discriminations« . Mes voisines sont scandalisées.

Une fille du groupe prend la parole et revendique le mariage « parce qu’elle est aussi normale que » le public. « Et le Pacs ! » lance quelqu’un.

En couple, elle évoque son projet (futur) d’enfants, le public hue. « C’est ça, le problème ! » siffle mon voisin.

« Votre discours est homophobe« , essaie de conclure la délégation. « Nan ! » réplique la salle, stupéfaite.

21h55. Barjot déraille : « En Allemagne, il y a un syndicat des zoophiles ! » Le groupe lui répond que ça n’a strictement rien à voir, mais pour Frigide, si : « Ce sont des gens qui vivent autrement. » Sous-entendu, comme vous.

Elle en vient même à dénoncer « aussi une femme qui a un enfant seule.« 

On leur signale que « les enfants de couples homo vivent mal vos manifs« , réaction de mes voisines : « Je crois pas, non. » Elles sont bien renseignées, dis donc !

Barjot : « Vous n’êtes pas identique au couple homme/femme, c’est comme ça, du point de vue de l’engendrement.« 

Le docteur Rouyer, sommé de s’expliquer sur l’amalgame qu’il dit n’avoir pas fait mais qu’il a quand même fait, réitère ses propos, avec conviction.

22h02. Témoignage d’une adoptée d’origine marocaine qui a donc toujours su intimement qu’elle avait été adoptée. Je vous rassure, elle a été accueillie dans une « famille normale, une famille comme les autres« , c’est-à-dire, un papa et une maman. Un enfant adopté se pose des questions sur ses origines et son abandon, et être élevé par un couple homo créera plus de questions. Elle en sait quelque chose puisqu’elle-même… Ah non. Rien.

22h07. Quadruple ovation pour Frigide, le publie hurle : « Merci Frigide! » C’est son moment de grâce.

Une femme des premiers rangs intervient : « Ils sont trop jeunes pour être homos !« 

Réponse de l’organisatrice : « Leur mode de vie est différent, ce n’est pas le vôtre.« 

Extraits choisis :

« Vous êtes des collabos de la vérité.« 

« Les homos ne peuvent pas réclamer ce qui ne leur est pas possible naturellement : l’engendrement.« 

« Pourquoi la loi doit-elle créer des normes nouvelles qui créent des instabilités ?« 

« En s’affranchissant des lois naturelles, on impose un fascisme au reste de l’Humanité ! » (Applaudissement et point Godwin atteint)

« Un enfant ne peut pas être né de deux hommes ou deux femmes (Applaudissements) mais il peut être élevé par deux hommes ou deux femmes. (Un ange passe) »

« La loi ne doit pas institutionnaliser leur désir d’enfant (…) elle doit sécuriser les enfants qui vivent en couple homo. » Ma voisine : « J’ai pas tout compris.« 

Le mariage est « un principe juridique qui garanti l’équilibre de votre humanité. » Quoique cela veuille dire.

« blabla Caroline Fourest blabla« , ma voisine : « Ah, celle-là, alors, si je l’avais en face de moi !« 

« La France est regardée par le monde entier aujourd’hui ! » Oui, et, justement, on a honte pour vous et de vous.

« L’Assemblée Nationale est une mascarade ! » Voisine : « Ah ça, c’est sûr, ah oui !« 

« La généralisation du don anonyme va conduire à la marchandisation !« , voisine : « Ah, on va se lancer dedans, alors !« 

« Les enfants nés de don anonyme ont un problème affectif car ils ont peur de coucher avec leur frère ou leur soeur ou leur père. Ah, non, peut-être pas leur père.« 

« La loi de la République française ne peut pas traiter cela ! » Mais alors, comment faire, madame la juriste ?

Ensuite, elle s’indigne que l’adoption plenière fut votée en pleine nuit, en « catimini« , ce qui serait un « déni de démocratie« . Par contre, l’obstruction du débat via les 5000 amendements de l’UMP, ce n’est pas un déni de démocratie. Pas du tout.

« Le 24 mars, dimanche des Rameaux, ce sera votre entrée dans la Jérusalem Céleste. La plus belle des messes. Allons tous ensemble vers l’avenir de notre Humanité. » A part ça, c’est une organisation aconfessionnelle. Il est temps de le rappeler.

Un logo qui exclue bien des familles...

Sur ce, il est 22h29, il faut rendre la salle, on lui en a fait la remarque, alors Barjot conclut : « Il faut préserver le ciment de notre République.« 

Tout le monde se lève et chante la Marseillaise. Je suis, euh, estomaqué.

Enfin, les gens partent, sur « Go West », des Pet Shop Boys. La bonne blague.

Sans oublier de donner pour la collecte ou de s’arrêter au stand bouquins et vêtements. Faut bien renflouer les caisses pour la prochaine manifestation…

Bref, avec tout ça, on l’aura compris : il n’y a pas de clivage générationnel, politique ou religieux. PAS DU TOUT.

Épilogue :

En sortant, encerclé de personnes plus âgées, je ne peux m’empêcher d’écouter le blablabla incessants autour de moi. La plupart est superbement enthousiaste à l’idée de la prochaine manif (youpi).

Dehors, au calme, rentrant chez moi, deux couples de retraités devant, les hommes parlant entre eux, les femmes entre elles. L’une d’elle remarque, d’une voix hésitante, au sujet de l’intervention du groupe LGBT : « N’empêche, quand on les voit comme ça, ça fait peur.« 

Moi, c’est vous, personnes de la « Manif Pour Tous », qui me faites peur, vous et vos « arguments » sexistes, homophobes et passéistes. Je n’ai pas entendu d’arguments, mais des prédictions apocalyptiques, des peurs inavouées et des fantasmes improbables.

Épilogue 2, le retour de la vengeance :

A mon arrêt de bus, stupeur et tremblements quand j’aperçois le drapeau bleu à la main d’un jeune homme, accompagné d’une jeune femme. Plus de peurs que de mal, une écoute rapide me suffit à comprendre que, comme moi, ils étaient venus pour voir les « arguments » des opposants. Ouf.

Je me sens moins seul.

3 réflexions sur “ [Manif Pour Tous] French Horror Story ”

  1. En même temps pourquoi t’infliger ça ? La barjot (elle a bien choisi son nom au moins) tu l’écoutes 30 secondes à la télé et tu sais de quoi il retourne.
    Les « je suis pas homophobe j’ai des amis homosexuels, mais… » en guise d’arguments pour les anti on l’a suffisamment entendu pour que les choses soient claires.

    1. Par honnêteté intellectuelle. Je vais aux débats, aux conférences contre, aux conférences pour (y en a une demain, ça tombe bien). ^_^
      Mais oui, je ne me faisais pas trop d’illusion (aucune, en fait) sur la teneur des propos.

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