Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE

Aujourd’hui, je vais essayer de faire une petite chronique en toute impartialité, même si dire du mal de ce titre des Clamp est super tentant, surtout lorsqu’elle tendent elles-mêmes le bâton pour se faire battre.

Tsubasa R.C. : La princesse Sakura

Titre : Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE
Auteurs : CLAMP
Éditeur japonais : Kôdansha
Éditeur français : Pika
Nombre de tomes : 28

Résumé facilement trouvable sur le net :

Dans le pays de Clow, vivent Sakura et Shaolan qui s’aiment secrètement. Shaolan, simple citoyen, vit au sein de la famille royale depuis que son père, archéologue, est mort. Les années passent et Shaolan reprend le travail entamé par son père en explorant les ruines du pays de Clow. Un soir, les deux amis découvrent un étrange blason dans les sous-sols et subissent une attaque ennemie. Une force mystérieuse fait perdre la mémoire à Sakura et les plumes qui matérialisent son âme se dispersent. Pour la sauver, il n’y a qu’un seul moyen : Shaolan doit voyager de dimension en dimension pour retrouver les fragments de mémoire de Sakura.

News sur Tsuba Reservoir Chronicle

Avis sûrement long mais pas complet puisque je vais m’attarder sur des détails et oublier des éléments importants :

Avec ce titre, les Clamp s’initie au shônen à rallonge. Est-ce un premier essai réussi ? C’est ce que nous allons voir ensembles, les amis !

Le début du manga joue clairement sur la nostalgie des fans de Card Captor Sakura, en réinstallant les protagonistes dans de nouveaux rôles. Tomoyo, Sakura, Toya… Tous ont une nouvelle place dans le jeu des dimensions parallèles qui sert de toile au manga. Ainsi, toute la série sera l’occasion de revoir des têtes connues issues des séries du quatuor (comme Mokona ou Tchii).

Le premier tome installe le background principal avec cette chasse aux plumes dispersés à travers les mondes et réuni un joli duo autour de Shaolan : Fye et Kurogané. Et grâce à un cross-over unique et prolongé avec XXX Holic, la sorcière des dimensions enverra la joyeuse bande dans ce voyage interdimensionnel.

En effet, les contacts avec cette autre série se feront régulièrement, et narrés d’un autre point de vue, souvent complémentaire, dans XXX Holic. Certains détails ou mystères seront expliqués dans cette dernière plutôt que dans TRC, pour des raisons marketing plus que pratiques. Mais il suffit de lire en librairie les tomes concernés, et ça suffit.

Les premiers mondes visités n’auront pas grand impact sur la trame globale, mais permettront surtout de récupérer des plumes facilement et d’en observer aussitôt les conséquences sur notre Sakura. Présentée comme la princesse à secourir, fardeau plus que l’héroïne qu’elle fut, son réveil progressif, à mesure qu’elle récupère ses souvenirs, laisse poindre un espoir. Peut-être ne restera-t-elle pas la demoiselle en détresse jusqu’à la fin.

Ainsi, malgré l’apathie de Sakura, les premiers tomes sont enthousiasmants. A chaque nouveau monde, on découvre de nouvelle règles de combat, une nouvelle ambiance, un nouvel ennemi. Et des indices sont disséminés sur le Grand Méchant qui aurait des sbires un peu partout, et les Clamp en profitent également pour nous titiller sur le passé de Fye, de Shaolan et de Kurogané, chacun devenant de plus en plus mystérieux à mesure qu’avance l’histoire.

Pour autant, le recyclage d’anciens personnages a ses limites. Et on les découvrira rapidement en la personne de Seishirô. Issu de Tokyô Babylon et de X-1999, Seishirô est issu une ancienne connaissance de Shaolan, à la recherche de jumeaux vampires. Et lui aussi se balade entre les dimensions, parce que ses cibles en changent souvent aussi, semble-t-il.

On retrouvera ce lien lors du passage au monde de Tokyô, avec toute la joyeuse bande de X-1999, même si les équipes ne sont pas exactement les mêmes et que le contexte est totalement différent. Autrement dit, les Clamp jouent avec leurs lecteurs, en leur faisant miroiter la possibilité de continuer un jour leur manga phare (toujours en pause à l’heure actuelle) en montrant qu’elles n’oublient pas tous ces personnages. Et ça, c’est terriblement frustrant. Mais bien quand même.

Ce qui l’est moins, c’est que cet aspect de l’histoire ne sera jamais remis en avant après ce monde, alors même que Fûma et Seishirô referont des apparitions par la suite. Adieu les vampires jumeaux, adieu les hunters. Les Clamp installe un récit dans leur manga, mais ne le conclut pas. Génial.

Un détail surprenant. En l’espace de deux chapitres, Clamp se contredit. Tome 17, il est dit « le pouvoir de cicatrisation des vampires est bien plus puissant que celui des humains » et que en boire sauvera le mourant. Sauf qu’il est précisé ensuite que « les blessures subies avant de devenir vampire ne guérissent pas ».

Comment devenir vampire peut sauver quelqu’un de la mort si cela ne guérit pas les blessures fatales obtenues avant l’ingestion du sang vampire ? Donc à quoi ça sert, finalement, de boire ce sang, hein ?

A rien.

Cela étant dit, le monde de Tokyo est la clé de voûte du manga. Après cet arc, rien ne sera comme avant. Les révélations et les retournements de situation s’enchaînent, et le manga prend un nouveau départ, plus sombre, perdant de l’ambiance bon enfant des débuts.

Après un intermède où seuls les flash-back ont un intérêt (et la présence d’Elda et Freya, aussi), on retourne aux choses sérieuses, avec des drames, des larmes et du sang. Beaucoup de sang. Et encore une histoire de jumeaux, de changement de prénoms, et plein de trucs pour nous embrouiller l’esprit. Encore merci.

Mais tout ça n’est que le prélude à une fin anarchique qu’il faudra lire, relire et relire encore une fois pour en comprendre la teneur. En effet, la lisibilité des combats devient de moins en moins aisée avec les tomes, rendant difficile la compréhension de ce qui se déroule sous nos yeux. Mais le scénario n’est pas en reste.

Car les multiples voeux sortant de nuls parts, compensés par untel ou unetelle, pour forcer tel ou tel futur, se font légions, jusqu’à l’indigestion.

Car outre les doubles de dimensions et les jumeaux inversés (ou pas), les Clamp nous sortent des clones de partout.

Car après des voyages dans l’espace dimensionnel, voilà que les Clamp se prête au voyage temporel, au cercle sans fin. Une boucle infini dans laquelle se mêle l’histoire des clones, des originaux, des liens de filiation et de parenté. Tout cela se mélange joyeusement au gré des voeux (ahah) des Clamp, et nous est livré en l’espace de quelques pages.

Pour comprendre qui est qui et qui fait quoi quand tous ont la même tête, ça devient… casse-tête, justement.

Très indigeste, comme recette.

L’ autre défaut, c’est que tout est lié à Clow Lead et à sa mort. Comme dans Card Captor Sakura. On aurait pu espérer une visite de notre trio (avec leurs multiples clones ou non) au monde de la série d’origine, ça aurait été un clin d’oeil sympa. Et ce d’autant plus qu’une scène montre clairement Clow se séparer de Yué et Kélo pour se rendre dans la pays de Clow (oui, même les noms des dimensions cherchent à vous perturber !). Mais non, faudra se contenter d’une apparition de notre Sakura et de son bâton magique en fin de série, et c’est tout. Chouette.

En parlant de ce caméo, même la formule porte-bonheur de Sakura est trahie en version française. Un « Tout ira bien », court et bref, devenant « Tout va se passer pour le mieux ». Même si le sens est gardé, cela change tout. C’était pourtant LA phrase qui était censé évoquer Card Captor Sakura, et là, la traduction rate tout.

En conclusion, parce qu’il est grand temps…

Tsubasa Reservoir Chronicle est un shônen atypique qui se base sur un postulat simpliste pour offrir une histoire finalement trop complexe. Les fans du studio crieront au génie, les autres auront mal à la tête.

4 réflexions sur “ Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE ”

  1. Moui, tu as de raison de dire que Tsubasa peut plaire aux accros de Clamp. Mais quand même, qu’est-ce que c’est casse-couille à lire pour ceux qui ne le sont pas ! Sans compter qu’il y a beaucoup de références à l’univers des Clamp, qu’on ne peut toutes repérer à moins d’avoir tout lu de Clamp.

    En plus, c’est me bazar, visuellement, pour rajouter du dé-lire !!

    1. Les références, faut prendre ça comme un cadeau pour les fans. Perso, j’avais passé outre, mais j’étais content de voir du Trèfle ou Chobits. Mais c’est sûr que des trucs comme Clamp School Detective, ça m’est passé à des kilomètres au-dessus de la tête.

      Je me suis fait la série en une journée pour cette chronique, et j’ai eu mal à la tête. Néanmoins, en passant les combats à rallonge super brouillons (trophée D.Gray-Man gagné, bravo les Clamp !), ça passe plus vite, on garde l’essentiel et ça permet de se concentrer sur le fil rouge.

      Côté dessin, c’est super chargé, et ça n’aide pas non plus. J’aurais pu le mettre d’ailleurs. Oups.

  2. L’anime n’est malheureusement pas fini même avec les OAV/OAD, le manga est interessent et à effectivement pas mals de cleins d’oeuil aux anciennes séries de clamp (toutes), et pas forcement évidente à comprendre

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