Festival du Film Asiatique de Deauville (2/2) : Maudite Pluie !

Le deuxième film de la journée commençait à 14h30, et non 14h, comme je le croyais au début. Ce qui nous a fait presser pour presque rien, puisqu’on est arrivé dans la salle juste à son ouverture, 15 minutes avant le début de la séance.

Maudite Pluie ! (Gabhricha Paus) est un film indien de 2009, réalisé par Satish Manwar, qui possède son site internet : http://mauditepluie.com/

Comme on peut le voir dans la partie « où voir le film », Deauville fut la ville où ce film fut le plus présenté en France…
Sinon, il y a aussi la fiche du film sur le site du festival.
Il était hors-compétion, sélectionné dans la catégorie Panorama, et n’a donc du coup remporté aucun prix (c’est le principe).

Voici le synopsis, qu’on retrouve partout (enfin, quand je dis « partout », ça veut dire « sur tous les sites présentant ce film ») :

Inde. De nos jours. Agriculteur dans un village du maharashtra, Kisna apprend le suicide d’un ami proche. Sa femme, craignant que son mari ne subisse le même triste sort, convainc son entourage de le surveiller en permanence. Malgré la sécheresse redoutée, Kisna continue à cultiver sa terre. Mais chacun de ses faits et gestes est maintenant au centre des plus grandes inquiétudes. Surtout lorsque la pluie tarde à arriver…

Bon, moi, quand on me dit « film indien », je fais aussitôt le rapprochement avec Bollywood, ses chansons, ses chorégraphies, de la joie et de la bonne humeur. Ça danse de partout, avec de beaux costumes colorés, des bijoux dorés, ça rigole, ça pleure (un peu) puis à la fin, le couple vit longtemps et a beaucoup d’enfants.
Retournons un instant à la réalité. Et regardez à nouveau la photo ci-dessus. Voilà. C’est fait ? Bon, il est donc clair qu’on sera bien loin de ce genre de film où l’on peut mettre son cerveau dans une cuve prévue à cet effet avec le début et le récupérer à la fin.

A vrai dire, la première scène donne d’entrée de jeu le ton du film : suicide d’un paysan criblé de dettes par pendaison, découvert par de pauvres gosses. Vous sentez la joie et la bonne humeur sortir de votre corps pour se réfugier ailleurs ? Moi aussi. Passée cette scène, mes illusions me quittent. Adieu, musiques entraînantes et joyeuses; adieu, chorégraphie et playback; adieu ! ;_;
(J’essaie de faire dans le larmoyant, comme le film, pour vous donner une bonne impression de ce que ce fut)

Le reste du film est dans la même veine. On nous présente une famille pauvre, avec un père énervant car renfermé sur lui-même, peu causant et toujours énervé, une femme aux petits soins pour lui, dévouée, et un enfant forcément désobéissant. Seule la grand-mère sort du lot, parce qu’un peu plus drôle que les trois autres. En fait, ce film est une suite de malheurs s’abattant sur eux, entre-coupé de scènes de surveillance du papa par le fifils. Parce que la mère ne peut pas sortir, on est en Inde (et en Inde, seule les belles-mères peuvent sortir de chez elles).
Comme on le devine, il ne pleut jamais, alors qu’il vient juste de planter du coton, avare en eau. Et, évidemment, quand il pleut, c’est trop. Pas de juste milieu. C’est rien en 4 ans, puis tout d’un seul et unique coup. Alors, forcement, le coton, c’est foutu (du moins, la grosse majorité de la récolte).
J’avoue, je suis cruel de vous avoir gâché le seul suspens de film : va-t-il réussir à « gagner sa vie » (=rembourser ses dettes) grâce au coton. Vu ce qui arrive au coton, la réponse est évidente…

Durant le film, on a eu droit à deux chansons, eh oui, comme dans un Bollywood, mais comme accompagnement seulement d’une scène de voyage (« il va chercher ses semeeeeeences, plein d’espéraaaance ! ♪ » ou un truc du genre). Du coup, j’étais un peu surpris, agréablement, une fois habitué à la musique et aux voix féminines un rien criardes. Mes tympans n’ont pas saigné, je vous rassure de suite. En tout cas, ça contraste avec le reste du film, bien plus pessimiste…

Quant à la fin… Elle est prévisible et décevante, en plus d’être longue à arriver. En gros, pas un film mémorable, ni transcendant. Je pense d’ailleurs que c’est typiquement le genre de film dont je vais oublier petit à petit les scènes, puis l’histoire, puis carrément le fait que je l’ai vu (sauf si je relis cet article régulièrement).

Sinon, vous pouvez trouver ici une critique bien plus assassine que la mienne, mais plus courte.

Sur ce, je finirai en vous conseillant de ne pas acheter de pâtes à Deauville, 10€ l’assiette, ça fait cher ;_;
(Non, je n’ose pas comparer le triste prix d’un plat de nouilles à la réalité des paysans indiens, ce serait vraiment odieux et cruel ._. )

3 réflexions sur “ Festival du Film Asiatique de Deauville (2/2) : Maudite Pluie ! ”

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