Festival du Film Asiatique de Deauville (1/2) : Cold Fish

Par une coïncidence merveilleuse vint après mon oral de chimie un appel de ma Juju et de sa chance à priori presqu’infinie. J’ai ainsi pu assister à la projection de deux films lors du 13ième Festival du Film Asiatique de Deauville (une quelconque bourgade normande en bord de mer). Et avec badge VIP, voulez-vous.


L’affiche présente un joli panda, trop mignon, mais malheureusement, pas de peluche à son effigie ;_;

Après ce coup de fil bienvenue vint le temps des préparatifs :qui conduit quoi, où, comment, quand. Programme. Lever à 7h15 le Dimanche (adieu, grasse-mat’ !), tram à 7h58, lent au possible et brutal comme c’est pas permis aux arrêts (mais arretons de nous plaindre de Twisto, bordel !), arrivée chez Juju vers 8h20, chez son frère peu avant 9h, fouillage de son appart’ de fond en comble pour trouver les clés, la carte grise et le gps (heureusement que tout devait être mis en évidence, qu’est-ce que ça aurait été sinon !). Ensuite, le temps de trouver la marche arrière, et c’était bon. En route pour Deauville (en passant par la case « station d’essence »).

Arrivés avant onze heure, pile pour la première scéance du jour au Centre International de Deauville (abrégé en CID, mais à ne pas confondre avec CDI, merci).
Cold Fish (Tsumetai Nettaigyo),film sorti en janvier dernier au Japon, de Sono Sion, réalisateur dont je ne connaissais rien avant. Autant dire qu’on y est allé en toute confiance quant à la sélection. Bon alors, que nous raconte ce poisson froid ? Pour le savoir, lisez la suite !

Shamoto tient une petite boutique de poissons tropicaux. Il s’est remarié et sa deuxième femme ne s’entend guère avec sa fille, Mitsuko. Un jour, cette dernière va trouver en la personne de monsieur Murata, non seulement un sauveur, mais aussi un homme exerçant le même métier que son père, à grande échelle. Il poussera sa bonté jusqu’à lui offrir un travail dans son magasin. cependant monsieur Murata cache de nombreux sombres secrets sous ses manières attentionnées…

Sous ce résumé un poil banal (mis à part les poisson tropicaux; c’est pas souvent qu’on en voit, des poissons tropicaux), se cache un très très bon film. Je n’ai pas vu passer les deux heures trente minutes du film. Le début narre le quotidien plutôt banal de cette famille, plutôt triste et gris, dont la fille traverse sa crise d’adolescence et n’accepte pas sa belle-mère. Si vous vous attendez dès lors à retrouver une amélioration de leurs rapports vers un happy end bienheureux, comme dans tout film normal, alors passez votre chemin. Ce film n’est pas normal.
Alors, oui, effectivement, le début est plutôt tranquille et simple, illustration de leur affligeant quotidien, mais tout bascule à l’arrivée de M. Murata, exubérant au possible. Ce qui, devant le faible charisme (à peu près égal à celui d’une moule lors des premières minutes) de notre héros, contraste fortement. Peu à peu, la tournure que prend le film devient intéressante. La situation se complique et devient carrément dingue lors d’une scène particulièrement intense. Là, c’est le drame : la réelle saveur du film se dévoile au grand jour.

Eh oui, Cold Fish est un film gore, où l’on peut tuer quelqu’un à coup de stylo-bic dans des gerbes de sang bien rouge (scène culte). Soudain, on comprend l’interdiction au moins de douze ans. Même si à la réflexion, au vu des scènes de gore et de sexe, un -12 est peut-être un peu léger… Mais on comprend aussi la typographie du titre, bien rouge, mélange savant de lettres type tag (évocation de l’urbanisme) et de type sang (aspect gore). Gore, volontairement à l’excès. Des tonnes de colorant ont été utilisé pour ce film. A ce sujet, on regrettera que le « sang » devienne rose en séchant, nuisant sérieusement au réalisme du film (enfin, si vous trouvez du sang qui devient rose en séchant, appelez-moi, d’accord ?).

Quoiqu’il en soit, Cold Fish m’a vraiment sidéré. Au vu des réactions du public, dans la salle, je n’étais pas le seul. J’oscillais entre l’effroi et le rire, tellement ça faisait too much (l’anglais, c’est classe). L’effroi revenait à chaque fois que je me rappelais que c’était tiré d’une histoire vraie…

Quant à la fin, je n’en dirais pas plus, mais elle m’a secoué. Juju l’avait prévu, mais j’y voyais encore une touche d’espoir. Raté…

Sinon, j’ai été content d’apprendre lundi que la presse a élu Cold Fish lauréat du Prix de la Critique Internationale (autrement appelé Lotus Air France, histoire de nous rappeler l’un des sponsors).

6 réflexions sur “ Festival du Film Asiatique de Deauville (1/2) : Cold Fish ”

  1. Il a l’air terrible ce film. Va falloir que je le mate 🙂

    Du peu que j’ai vu, j’adore Sion Sono. Je lui avais même rendu hommage sur mon blog dans le billet sur Persona 3 ^^
    Il est quand même mal aimé le monsieur, surtout au Japon. Faut dire aussi que ses films suscitent la controverse (viol, inceste, suicide,… ce n’est pas au gout de tout le monde ^^;)

    1. Oui, j’ai adoré. Je ne connaissais pas Sion Sono avant, mais va falloir que je m’intéresse à sa filmographie ! Vu le thème de ses oeuvres et leur violence dérangeante, je comprend un peu qu’il suscite peu d’empathie… Quand même, il touche à des sujets bien tabou là-bas !

  2. Un film qui m’a l’air intéressant, mais je ne suis pas trop accro aux films où le sang coule à gogo. Mais bon, selon ta critique, ça en devient davantage drôle qu’autre chose donc je pense que ce serait aussi mon ressenti.

    1. Te connaissant, je pense que tu aurais adoré ! C’est vraiment le genre de film un peu barge, juste ce qu’il te faut. Tu te serais bien marré, avec nous ! ^_^

  3. Ma chance presqu’infinie ? N’importe quoi !
    J’ai adoré ce film, qu’est-ce qu’on a pu se marrer ! En même temps, on a bien ri ce jour là.

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